le couac de François Hollande qui annonce les décisions qui vont être prises jeudi

par La Rédaction 19 Janvier 2015, 16:12 News

En politique, cela s'appelle un couac. En Bourse, cela s'appelle un délit d'initié. Ou du moins une divulgation d'information confidentielle. Une petite phrase, lâchée par François Hollande lors de ses voeux aux entreprises, a en effet fait bondir les journalistes présents et les instances européennes.

Le président français a assuré lundi que la Banque centrale européenne allait "jeudi prendre la décision de racheter des dettes souveraines", lors de ses voeux aux acteurs de l'entreprise et de l'emploi.

"La Banque centrale européenne va prendre jeudi la décision de racheter des dettes souveraines, ce qui va donner des liquidités importantes à l'économie européenne et (...) peut créer un mouvement favorable à la croissance", a déclaré le chef de l'Etat.

Secret de polichinelle, mais...

Certes, pour les spécialistes, l'annonce ce jeudi d'un rachat massif de dette publique par la Banque centrale européenne (BCE) est une affaire entendue. Elle a fait l'objet de spéculations depuis des mois et semble être le dernier rempart contre la déflation et le dernier recours pour faire repartir les prix et l'économie.

Le 15 janvier, l'annonce surprise de la Banque nationale suisse (BNS) de ne plus maintenir le franc suisse par rapport à l'euro avait fait dégringoler la Bourse. Cette décision ne serait pas sans rapport avec la prochaine annonce de la BCE. Pour Kathleen Brooks, analyste chez Forex.com, une des raisons pour lesquelles la BNS a pris ces décisions est que "la BNS a des liens étroits avec la BCE et cela pourrait être un signe que la BNS pense – ou sait – que la BCE va se lancer dans des rachats d'actifs la semaine prochaine et pour un montant bien supérieur à ce qui est attendu par le marché".

Dans une interview accordée à Libération le 15 janvier, Benoit Coeuré, membre du directoire de la BCE, sous-entendait déjà fortement que la banque centrale actionnerait ce nouveau levier: "Le Conseil des gouverneurs se réunira pour en décider le 22 janvier. Nous prendrons en compte les expériences américaine et britannique afin de déterminer le montant d’obligations à acheter". Mais sans tout à fait le dire...

... Hollande n'avait pas à l'annoncer

Déjà, plusieurs voix s'élèvent contre cette annonce de François Hollande qui va à l'encontre de l'indépendance de la BCE. L'économiste Marc Touati a été l'un des premiers à réagir sur Twitter:

Du côté des journalistes basés à Bruxelles également on s'indigne de cette annonce surprenante:

Et il se fait également épingler par l'opposition dans un énième procès en amateurisme:

Interrogée par Reuters, une conseillère du chef de l'Etat a tenté de désamorcer toute polémique, expliquant peu après son intervention que François Hollande respectait "l'indépendance de la BCE et qu'il s'était contenté d'évoquer une hypothèse"

Lire l'article complet depuis ça source: Le Huffington Post

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